Photograph to accompany the CMOS presidents message. Photo is taken from the surface of an open body of water, with a setting sun in the background

Message du président pour le bulletin de la SCMO : Un regard en arrière pendant que nous avançons

– par Wayne Richardson, P.Eng., président, SCMO –

En 1980, j’ai quitté mon emploi à Toronto en tant que scientifique chevronné du ministère de l’Environnement de l’Ontario pour joindre la Direction générale de la lutte contre la pollution des eaux à Environnement Canada (EC) à Ottawa. Au cours des années, plusieurs chances de quitter la fonction publique se sont présentées, mais j’ai toujours choisi de poursuivre les opportunités formidables en science et technologie qui s’offraient à moi en tant que jeune entrepreneur en environnement.

Photograph of Wayne Richardson, President of CMOS. Pictured is a man's head and shoulders. He is dressed in a t-shirt. He is in his early 60's, is balding, and is wearing glasses.

Cela n’a pris qu’une couple d’années avant que j’ai appris à me servir d’une infrastructure de science et technologie (S et T) qui avait : 1) un leadership fort et encourageant (qui a évolué au cours du siècle précédent) au niveaux du sous-ministre (SM) et du sous-ministre adjoint (SMA); 2) des ressources d’importance pour financer la science et la technologie; 3) d’importantes assises en matière d’installations de science et technologie, ainsi que d’expertise et d’expérience par-delà un grand nombre de ministères. La formation pour apprendre à maîtriser la gestion de la S et T et les subtilités des processus d’allocation de fonds et d’approbation parlementaires, ainsi que le processus de dotation, était facilement accessible. Mes voyages de part et à travers le monde m’ont amené à développer une appréciation réelle de la façon dont les Canadiennes et Canadiens ont été si bien servis par les dévoués scientifiques et ingénieurs de leur fonction publique.

Au cours de ma poursuite de sources de financement pour le forage, la production, et le soutien de la réglementation des raffineries pétroliers et gaziers, j’ai découvert le Groupe consultatif sur la recherche et du développement énergétiques (GRDE). Rapidement, j’en étais devenu (avec Dick Stoddart) son coprésident du Comité environnemental sur le pétrole et le gaz extracôtiers, et son président du comité environnemental sur le sable bitumineux/pétrole lourd. J’ai aussi été membre de quelques un des comités d’ingénierie du GRDE, et plusieurs membres de la SCMO ont soient présidé ou été membre de divers autres comités du GRDE. J’assurais le gestion annuelle d’environ 15 M$, ce qui représentait, à ce moment-là, une somme plus grande que le budget de base du Service de la protection de l’environnement (SPE) à EC. Ces fonds ont servi à financer la R et D sur la météorologie, la glace, le climat, l’océanographie physique, et la pêche chez Pêches et Océans Canada (MPO), EC, et d’autres ministères. Sous le mentorat de SMA tels Ken Whitham (Énergie, Mines et Ressources, EMR) et Jim Bruce (EC), on nous a confié la responsabilité d’établir des partenariats avec l’industrie pétrolière et les universités. Nous avons pu bâtir une assise énorme de R et D, à long et à court terme, ce qui a permis la réalisation d’objectifs en matière de politique tel le développement, à brève échéance et de manière responsable sur le plan écologique, du pétrole et du gaz de la côte Est. Sous le gouvernement de (P.E.) Trudeau, le GRDE a connu son apogée et assurait la gestion annuelle de 200 M$. C’est au cours de cette période que Jim m’avait encouragé à prendre part aux déjeuners-causeries du centre d’Ottawa de la SCMO. J’ai suivi son conseil et, depuis, je suis membre de la SCMO.

De 1983 à 1989, j’ai travaillé avec John Hollins au Service des politiques du ministère d’EC en tant que coordonnateur du ministère, R et D en énergie et Conseiller de direction principal. Parmi les responsabilités : la supervision d’une enveloppe annuelle de 25 M$ pour la R et D en énergie. Parmi nos activités : le développement d’une structure proposée pour un financement élargi de la science et technologie écologiques au sein d’EC et entre les ministères. Cette dernière est devenue le schéma du volet S et T du Plan vert du Canada du gouvernement Conservateur Mulroney. Décidemment, le moment était excitant ! Malheureusement, pendant que nous allions de l’avant avec la mise en œuvre, Industrie Canada (IC) s’est emparé du fonds proposé de 100 M$. Cette somme a servi plutôt à l’établissement du programme de financement Partenariat technologique Canada (PTC) au sein d’IC. Éventuellement, PTC a été éliminé par le gouvernement Conservateur Harper. Un fonds de 100 M$ pour le R et D interministériels en écologie a été conçu de façon un peu similaire au GRDE, mais lors de la mise en œuvre, IC a saboté le plan. J’ai toujours cru qui si ce fonds avait vu le jour, le Canada serait de fait devenu le pays chef de file en matière de science et technologie écologiques.

De 1989 à 1996, j’occupais le poste de gestionnaire du Bureau de transfert de la technologie à EC. Nous avons créé trois centres de technologie écologique à but non-lucratif grâce au financement fournit par le Plan vert. Nous avons aussi géré la politique de la propriété intellectuelle d’EC. De plus, nous avons géré le programme bilatéral canadien dans le cadre du Protocole de Montréal et nous avons développé des projets conjoints avec l’Agence canadienne de développement international (ACDI) tel le Fonds d’affectation spéciale du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) de la Banque mondiale. Suite à un congé d’un an au cours duquel j’ai eu un emploi dans le secteur privé, je suis rentré au secteur public pour travailler sur la diversification des modes de prestation de services (DMPS) jusqu’en mai 1998. J’ai privatisé une division du Centre de technologie environnementale d’EC à Ottawa et j’ai travaillé avec David Grimes et son équipe sur des options de DMPS pour les Services météorologiques. Selon moi, NAV CANADA représente l’un des projets de DMPS les mieux réalisés de cette époque.

En 1997, le gouvernement Chrétien a conçu un nouveau programme ayant pour but de concrétiser les proposés engagements du Canada afin de lutter contre le changement climatique mondial (le Canada a signé le Protocole de Kyoto en avril 1998). On m’a demandé de concevoir et de diriger le volet technologique de ce nouveau plan. Grâce à l’appui des cadres supérieurs de Ressources naturelles Canada (RNCan), d’EC et d’IC, nous avons développé le programme de Mesures d’action précoce en matière de technologie (TEAM). J’ai dû faire appel à presque toutes les compétences que j’ai acquises au cours de ma carrière lorsque nous créions ce fructueux fonds de capital-risque au sein du gouvernement. Tout en réussissant à conserver les coûts indirects à 5% de son budget, de 1998 à 2008, le programme TEAM a fourni un financement précoce à 135 projets au Canada et à l’international, ayant une valeur supérieure à 1,3 G$. Quelques exemples de grand succès incluent la création de la troisième entreprise solaire au monde (Canadian Solar), le développement du concept du refroidissement de lac profond de Toronto pour faire de celui-ci un service public important, la refonte complète des systèmes de refroidissement des magasins Loblaws, le développement de nouvelles technologies pour les jardins toiture-terrasse en milieu urbain, des démonstrations de logement à consommation énergétique nette zéro, le projet Dockside Green à Victoria, et des projets de pile à combustible avec Ford (États-Unis) et Ballard Power and Hydrogenics. Le processus du programme TEAM a simplifié l’approbation de projets et a nettement amélioré la réduction réelle du carbone. L’approche de mesure et de rapport du programme TEAM a établi les bases des normes de mesure et rapport des gaz à effet de serre de l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et la Norme de carbone volontaire. Ces normes ont permis de surmonter un problème majeur commun à tous les projets internationaux de carbone de ce temps. Un journaliste du Royaume-Uni a noté que « …Les crédits de carbone sont une commodité imaginaire résultant de la soustraction de ce que vous espérez arrivera de ce que vous estimez aurait pu arriver »

Au moment qui précédait le décennie du programme TEAM, et pendant celle-ci, des gouvernements Libéral et Conservateur successifs ont grandement réduit le financement gouvernemental de la S et T, ainsi que le nombre d’installations qui y étaient dédiées. Au début des années 90, les dirigeants principaux de la S et T ont reçu de généreuses offres de retraite anticipée, et avec le temps, il y a eu un déclin de la capacité de gérer, partager, déployer, et prioriser la S et T au sein de ministères dans lesquels la science jouait un rôle primordial. La philosophie qui demeure est que « n’importe qui peut gérer n’importe quoi » au sein d’un cadre de SMA mobiles. Des coupures budgétaires importantes ont suivi et on a abusé continuellement du prisme du « bien public » en tant que raison d’être pour les réductions et réorganisations de la R et D et des services techniques parmi divers ministères. Je n’oublierai jamais la façon dont un de mes directeurs généraux m’a critiqué parce que j’étais trop entreprenant lors d’une évaluation annuelle ! Dans certains cas, tel que j’en ai fait note auparavant, la DMPS résultait en un moyen de poursuivre certains programmes et activités.

Au milieu de ces incessantes coupures de fonds pour la S et T et réductions de personnel, il y a eu des fonds disponibles pour de nouveaux programmes tels TEAM. La SCMO a joué un rôle essentiel lors de la création et de la gestion fructueuses de la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère (FCSCA) qui a été dotée de 60 M$ dans le budget 2000. L’enveloppe de la FCSCA a grandi de 50 $M en 2003 et la durée de programme a été étendue jusqu’en 2011.

Pour faire bref : Le financement du programme TEAM n’a pas été renouvelé en 2008 par le gouvernement Harper. Suite à la fermeture de nos bureaux du Marché Byward, j’ai pris, en 2008, ma retraite de la fonction publique. Quelques années plus tard, le même gouvernement n’a pas renouvelé le financement de la FCSCA.

Trop souvent, lorsqu’on exige ou développe de nouveaux programmes pour financer la S et T (particulièrement au sein du gouvernement), nous ignorons les succès et erreurs du passé et nous nous retrouvons en train de réinventer la roue (ou bien de les faire tourner vivement en faisant du surplace). Il y a de lourdes pressions sur les ressources gouvernementales, et au fur et à mesure que les membres de la SCMO font des interventions sur la politique publique afin de sécuriser de nouveaux programmes et ressources de S et T, notre conseil, savoir et expérience doivent être pris en compte afin de fournir les options les plus éclairées pour continuer notre avancée.

Wayne, handwritten

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